Marie David Gehin à La Borne

Vie de l’atelier Talbot-Beyer-Lerat à La Borne

Assiettes par Marie David Gehin

Photo Lisa Deverycka

L’atelier historique de Jacqueline et Jean Lerat est  habité depuis 2020. Après des travaux pour le rendre agréable, le premier étage est loué par Marie David Gehin.

Marie est une céramiste de cette nouvelle génération qui refuse la facilité. Elle est en pleine recherche et se sent à l’aise dans l’expérimentation. La Borne est pour elle le bon endroit pour connaître les argiles et maîtriser les hautes températures.  Après des études d’art à Metz et d’anthropologie audiovisuelle à Bruxelles où elle travaille 10 ans dans le cinéma documentaire de création, elle vient à La Borne en 2017 pour une formation chez Dominique Legros, céramiste à Aubinges (Cher). En 2018, sa maîtrise accomplie des techniques informatiques est très utile pour la 3éme conférence européenne des cuissons au bois. Elle travaille à temps partiel pour des associations locales spécialisées dans le spectacle, mais quand on vit ici, l’appel des argiles à grès et des cuissons aux bois est irrésistible.

Marie s’est décidée à créer quelques objets emblématiques de notre quotidien : des assiettes, des bols à thé ou simplement des bols, comme des objets réconfortants (ou symboliques ?) à regarder ou à tenir dans le creux de la main.

Photo Lisa Deverycka

D'autres objets (mais toujours des contenants) complètent ses créations. Loin des séries, ses céramiques sont tout autant des supports à une recherche plastique et esthétique que des "pièces utilitaires" qui habitent les maisons et leurs tables. En effet elle aime la convivialité, les bons produits du terroir, si possible bio, et tous les objets qui peuvent les sublimer. Un verre de Morogues rouge accompagne si bien un beau grès !

Elle cherche des textures d’argiles  et de couvertes, des sensations au toucher, des couleurs, des odeurs... Les formes rondes façonnées à la main, avec le pouce et les outils qu’elle conçoit, incarnent actuellement son quotidien. L’émaillage est crucial avec parfois des shinos qui absorbent si bien les minerais de fer qui imprègnent l’argile locale ou avec toutes les matières sublimées par les flammes directes et les cendres du bois de chêne.

La cuisson est la dernière étape qui fait monter l’inquiétude de l’artiste. Les jeunes céramistes peuvent à La Borne bénéficier de tout type de fours. Cette étape alchimique marquée par le bruit du feu  et les odeurs du bois chêne qui brûlent est aussi un moment de convivialité et de partage. Parfois vers une heure du matin les pensées qui vous assaillent autour de cette atmosphère primitive vous font plonger dans cette transformation géologique qui s’effectue dans le creuset du four.

Encore attendre, puis c’est la surprise du défournement, l’imprévu, le choix personnel du créateur : quelques céramiques restent pour une recuisson, la majorité est mise à la vente, de rares pièces sont réservées pour le jardin secret de Marie.

Son site instagram est :  mariedavidgehin

Il est émouvant de voir cet atelier centenaire vivre et  accueillir une nouvelle génération de jeunes céramistes. Elle est pour moi, par son inquiétude, ses recherches, son goût de la perfection, une jeune artiste bien contemporaine !

Le Cannet des Maures, Jean-François Lerat. (adaptation de l’interview du 6 mars 2021.)

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